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Le Noir secoua la tête, un peu rassuré par l'éloignement de la flamme : — Non, Monsieur. A genoux, le second laissa couler une ancre improvisée, faite d'une gueuse en ferraille. Cinq minutes plus tard, elle étalait avec ravissement du caviar sur un toast. Ce serait trop bête de se faire repérer maintenant. Mais si ça t'intéresse pas Irina tendit son billet. Même pas de la C. Et le Padre Torrio était italien comme lui.

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Nous volerons à une altitude de trentetrois mille pieds. Ce voyage débutait comme un conte de fées, pour elle qui n'avait jamais quitté l'Europe, ni accompli un grand voyage en avion.

Elle lut avec attendrissement le menu, et s'aperçut que la Scandinavian était membre de la plus vieille société gastronomique du monde: la Chaîne des Rôtisseurs. Cela la changerait des repas dans les petits restaurants avec ses amants fauchés. Cinq minutes plus tard, elle étalait avec ravissement du caviar sur un toast. Elle se retrouvait une petite fille heureuse, une sensation qu'elle n'avait pas connu depuis si longtemps.

Le Champagne pétillait sous sa langue. Du Moët et Chandon , merveilleusement sec et glacé. Un luxe qu'elle s'était permis si rarement. En lui retirant son plateau, l'hôtesse souriante lui tendit un petit masque de tissu noir pour pouvoir se reposer en dépit du soleil. Délicate attention. Irina, un peu grisée par le Champagne dont elle avait bu une demibouteille s'endormit immédiatement, bercée par le ronronnement des quatre réacteurs.

Elle rêva de mer, de soleil, de sable, de bonheur. Une odeur d'eau de Cologne la tira de son sommeil. La nuit était presque tombée. Irina ne se rendit même pas compte que les roues avaient touché le sol de JF Kennedy Airport, tant l'atterrissage avait été doux.

La Scandinavian vous souhaite un agréable séjour Elle descendit du DC 8 et franchit le barrage de l'immigration dans une sorte de rêve. Une hôtesse de la Scandinavian s'approcha d'elle: — Mademoiselle Malsen? Vous continuez sur Nassau, je crois. Nous avons reçu un télex de Copenhague. Tout est en ordre. Je vais vous aider à passer la douane. Irina retint un soupir. Elle avait envie depuis si longtemps d'y venir à New York. Mais elle n'y resterait que quelques heures. Le temps d'acheter des vêtements et de prendre l'avion pour les Bahamas.

C'était la mission la plus importante qu'on lui ait jamais confiée. Elle avait rendez-vous à Nassau avec un homme qu'elle connaissait sous le nom de Vassili Sarkov.

Il était à Cuba en ce moment, travaillant avec l'organisation castriste D. D'habitude, il se faisait passer pour chauffeur d'ambassade, mais c'était un des meilleurs spécialistes d'enlèvement du K. Leur mission était assez délicate. Pour une fois, le K.

Le soleil frappa le visage d'Irina à travers le hublot. Avec un soupir elle ferma les yeux. Elle se demandait sérieusement si, une fois aux Bahamas, elle ne se contenterait pas d'aller sur une plage et de marcher dans l'eau jusqu'à ce qu'elle n'ait plus pied.

Elle en avait tellement assez. A travers les vitres, elle chercha à apercevoir le DC 8 de la Scandinavian.

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Là où volait le DC 8, il faisait toujours bleu. Irina pensa avec nostalgie qu'elle était comme les pays condamnés sous les nuages. Tout était sombre et triste dans sa vie.

Les Bahamas, ce n'était qu'une mission de plus. Il s'agissait de faire économiser au K. Jamais on n'avait estimé son corps aussi cher.

C'était une consécration. Un vrai luxe: à Nassau, le lait coûtait cinquante cents le litre. A peine plus cher que le whisky. La salle était déserte. Angelo était nerveux. Toutes les dix secondes, il se démanchait le cou pour apercevoir à travers la vitrine le coin de Rawson Square où il avait rendez-vous. Pour tromper son anxiété, il alluma une cigarette et examina la rue. Les petites maisons de bois multicolores construites au début du siècle étaient pimpantes sous le soleil.

Un policier en casquette rouge réglait la circulation au coin du square. La rue étant en sens unique, Jack Harvey ne pouvait venir que de la droite. La serveuse lui apporta son lait et il y trempa ses lèvres sèches. A part Sing-Sing, il n'y avait pas beaucoup d'endroits au monde où l'on comptait plus de fripouilles au mètre carré que Bay Street. Un des hommes de l'archipel qui aurait donné le plus cher pour mettre la main sur Angelo, ce lundi 3 juillet. Bay Street comptait à peu près autant de banques que Las Vegas de machines à sous.

Et les Bahamiens avaient beau appeler leurs nouveaux dollars émis en remplacement de la livre sterling funny money à cause de leurs couleurs violentes, on pouvait les échanger partout contre de beaux dollars bien verts, qui, eux étaient tout à fait sérieux. Angelo eut une grimace de dépit en pensant à tout l'argent qui coulait dans la rue. S'il ne trouvait pas au moins dix mille dollars très vite, il n'avait plus qu'à aller creuser sa tombe de ses propres mains pour éviter ce soin à ceux qui le recherchaient.

Et il avait besoin d'aller assez loin pour trouver la paix. La Jamaïque, pas question. Il avait un petit milliard d'amende qui traînait là-bas pour une vieille affaire de contrebande. Difficile à payer, même à tempérament. Il ne se souvenait plus exactement de la raison pour laquelle il ne devait pas mettre les pieds en République Dominicaine, mais il était sûr que sa mémoire ne le trahissait pas.

Quant aux Etats-Unis, il n'en était même pas question. Il y totalisait environ quatre cent cinquante ans d'interdiction de séjour. Il fallait donc aller beaucoup plus loin: les Iles Vierges.

On y était moins pointilleux sur les passeports et avec un petit capital, il y avait moyen de monter un commerce, sinon honnête du moins florissant.

En attendant, il lui restait vingt-huit dollars en poche et Jack Harvey avait dix minutes de retard. Il avait débarqué de Freeport depuis deux jours, déjà. Deux jours pendant lesquels les autres n'avaient pas dû perdre leur temps. Une nouvelle fois, il se tordit le cou pour apercevoir le grouillement de Rawson Square. Une Chevrolet verte avec des roues jaunes. Jack Harvey était seul au volant. Angelo jeta sur la table la pièce qu'il avait préparé et sortit, suivi par le regard indifférent de la serveuse.

Jack Harvey l'aperçut et démarra. L'Italien traversa la rue, monta presque en marche et plongea à l'arrière, où il était protégé des regards par les parois de tôle. Prends à gauche dans Market Street et monte jusqu'à Government House Il s'accroupit derrière le siège d'Harvey.

Il y avait un fouillis innommable à l'arrière, des tuyaux, une chaudière et des instruments bizarres. Jack Harvey avait une petite entreprise de plomberie. Sans jeu de mots. Ce qui ne l'empêchait d'ailleurs pas d'être un honorable correspondant très efficace de la C. Ses grands yeux bleus candides et francs inspiraient une confiance immédiate. Ainsi que sa nette poignée de main de sportif. Authentique pilote de la B.

Juste à pic pour payer une dette de poker. Fataliste, il s'était adapté à ses nouvelles activités avec une remarquable souplesse d'esprit. Angelo lui souffla dans l'oreille : — Tu te fous de moi, ou quoi? Je t'ai dit que j'étais pressé. Et que c'est un tuyau extra pour tes Ricains. Ils étaient immobilisés au feu rouge de George Street. Dans l'Ile, l'appartenance d'Harvey à la C. Comme Cuba n'était pas loin, il grappillait pas mal de petits trucs, par des types comme Angelo.

Ils m'ont promis qu'ils enverraient quelqu'un de Washington. Angelo lui mit la main sur l'épaule: — Ecoute. Mon truc vaut dix mille dollars. Tu leur as dit?

Harvey en fit une embardée. Ses avatars ne lui avaient pas ôté le respect de l'argent. La main se crispa sur son épaule et Angelo répéta, convaincu: — C'est un truc énorme. Mais si ça t'intéresse pas On verra ce soir. Avec ce gars. C'est ça. Bon écoute. Je suis pressé. C'est sérieux. Ils sont capables de te refiler un zing si tu leur amènes ça. Mais faut pas discuter le prix. Alors je te donne jusqu'à ce soir. C'est peinard, il n'y a que des retraités le soir.

Viens avec le pognon. Sans laisser à Harvey le temps de répondre, il passa sur la banquette à côté de lui. Ils roulaient très lentement dans Shirley Street, parallèle à Bay Street, derrière un autobus à impériale.

J'te jure que ça vaut le coup. Arrête là. Il descendit, rattrapa l'autobus qui démarrait et sauta dedans. Harvey, pensif, tourna à gauche. Il avait l'habitude des arnaqueurs. Angelo était une redoutable canaille, un de ces types qui traînent dans les Caraïbes, vivant de combines et de contrebande, tueurs à gages à l'occasion.

Il imaginait le genre de tuyau que pouvait apporter un type pareil. Des complots fumeux pour reconquérir Cuba, surpris autour d'un tapis vert. Pourtant, il devait y avoir quelque chose de sérieux cette fois. Et c'était pourtant un dur. Il y avait donc quelque chose de vrai dans son baratin. L'Italien lui avait téléphoné quatre fois en un jour et demi, insistant pour le voir d'urgence, très mystérieux, refusant de dire où il se trouvait.

Bizarre, bizarre. Il accéléra, car une fuite l'attendait depuis deux bonnes heures à l'hôtel Dolphin Son contact, le second attaché du petit consulat U. Un certain Malko, dit S. De toute façon, jamais ses employeurs ne lui confieraient une somme pareille. Ce serait à eux de prendre leurs responsabilités. Il dut stopper au feu rouge de Rawson Square pour laisser passer un flot de touristes, Polaroid en bandoulière, qui se ruaient sur le marché aux paniers d'osier comme si c'était une mine d'or.

Au moins, pour eux, Nassau était une petite ville bien gaie et bien pittoresque. On se verra à la messe. C'était un sentier qui s'enfonçait dans la colline, vers le bidonville tropical où il avait trouvé un refuge provisoire. Harvey avait été accroché; il l'avait senti. C'était peut-être la fin de ses ennuis. Il arriva à une vieille maison de bois décrépite, de style colonial, sans carreaux aux fenêtres. La porte était ouverte. A l'intérieur, il faisait une chaleur étouffante. Les lézards accrochés au plafond se laissaient tomber de temps en temps, morts de chaleur, les pattes raides.

Au fond, sur les ruines d'un fauteuil, un vieillard au visage ridé comme celui d'une tortue avec un cou de lézard, mastiquait une chique invisible.

Angelo s'approcha à le toucher. Le vieux Noir le dégoûtait et il le soupçonnait de cacher un peu de lèpre sous ses haillons, mais il avait fichtrement besoin de lui. Le vieux regarda le visage du Blanc, mince et anxieux et éructa languissamment dans un bruit de bouilloire: — C'est d'accord. Vas-y maintenant. Angelo n'avait pas lu Le baiser au lépreux et se contenta d'un vague geste de remerciement. Déjà le vieux était sorti de sa vue.

SAS 153 Ramenez-les vivants

Il attrapa sa petite mallette sous la table et sortit. Pour éviter de prendre l'autobus où on rencontre des gens, il coupa à travers le bidonville pour rejoindre Collins Avenue bâtie sur l'emplacement du mur qui empêchait jadis les Noirs de pénétrer dans le quartier blanc de Nassau. Dès qu'il fut sorti de l'ombre des grands arbres, le soleil tomba sur lui, féroce.

En cinquante mètres son complet de toile grise fut trempé. Il avait près de deux milles à parcourir. Mais chaque pas le rapprochait de la sécurité. Il longea une haie d'hibiscus dorés pour trouver un peu de fraîcheur, mais il n'en pouvait plus. Il stoppa au coin de Bernard Road, à une buvette tapissée de vieux magazines pornos cubains et portoricains pour boire un coca. Au loin, vers Culberts Bay, il apercevait une mer couleur de cobalt.

Plusieurs voitures passèrent et il s'appuya au comptoir, le dos à la route. Ce serait trop bête de se faire repérer maintenant. Puis, il paya et repartit, marchant sur le bas-côté gauche de Soldier Road.

Une grosse mouche bleue tourna longtemps autour de sa tête avec un bourdonnement de Jet. Il mit presque une heure à parvenir au croisement de Soldier Street et de Blue-bell Road. Là, il était loin de la zone élégante des touristes. La sueur lui coulait dans les yeux et sa valise semblait peser une tonne. Moitié parce qu'il avait marché vite, moitié parce qu'il avait très peur. Les gens qu'il avait défiés étaient sans pitié.

Il regarda autour de lui. Angelo aurait pu agoniser devant les grilles dorées, on ne lui aurait pas ouvert: il n'était pas membre du Club. Son voyage se terminait. De l'autre côté du carrefour, vers la mer, c'était le salut, à moins d'un quart de mille. Soudain épuisé, appuyé à une cabane en ruine, il regarda le carrefour vide comme s'il s'agissait d'une étendue immense et dangereuse à traverser. Il avait tellement vécu dans le danger ces derniers jours qu'il ne s'habituait plus à l'idée de la sécurité.

Pourtant, les quelques Noirs endormis qui attendaient l'autobus pour Adélaïde, le village noir, un peu plus loin sur la route de Coral Harbour, se souciaient bien peu de lui. Deux interminables Cadillac noires, des taxis, passèrent à toutes vitesses, bourrées de touristes débarqués à Coral Harbour d'un quelconque paquebot de croisière.

Les Caraïbes à forfait, en huit jours et six cent cinquante-quatre dollars. Angelo se décida et avança à travers le carrefour. Ses yeux ne voyaient plus que la petite église blanche, construite en plein champ. C'était le salut.

Même la Mafia ne poursuivait pas ses victimes dans les lieux de culte. Et le Padre Torrio était italien comme lui. Il avait promis au messager qu'il l'hébergerait sans poser de question, au nom de la charité chrétienne et de la solidarité sicilienne. Le gravillon crissait sous ses semelles. Il se retourna mais le chemin était désert derrière lui.

Celle-ci s'ouvrit avec un léger grincement. Angelo respira. Le Père Torrio l'attendait donc. Normalement la petite église était fermée toute la semaine pour éviter que les gamins des bidonvilles voisins viennent en voler les chaises et que les couples de rencontre n'en altèrent fâcheusement l'esprit saint par des ébats hors de propos. Surpris par la fraîcheur et la pénombre, il demeura immobile au milieu de la nef minuscule.

Cela faisait une trentaine d'années qu'il n'avait pas mis les pieds dans une église. Malgré lui, il était impressionné. L'église était vide. Angelo inspecta rapidement les deux rangées de bancs où les Noirs d'Adélaïde hurlaient la messe chaque dimanche et le petit confessionnal bien ciré, à gauche.

Il avait ouvert sa veste et la crosse d'un Colt Cobra sortait de sa ceinture comme un gros chancre noir. Rien ne se passa durant cinq minutes. Il ne savait plus que faire. Puis, il y eut des pas sur le gravier et la porte s'ouvrit.

Angelo se sentit envahi d'une joie immense en voyant le prêtre. Une bonne bouille ronde barrée d'une énorme moustache rousse, de bons gros yeux globuleux d'oiseau et une carrure de docker.

Il s'avança la main tendue: — Je Vous êtes Angelo Genna? Il bégayait un peu. Vous êtes le Padre Torrio? Le prêtre opina de la tête. Angelo avait envie de danser et de chanter. Angelo sourit, rassuré. Personne ne m'a suivi. Je vous remercie fichtrement.

C'est chic ce que vous faites là Le prêtre hocha la tête avec indulgence. Mais dites-moi comment êtes-vous arrivé à cette situation, euh, dangereuse? Vous comprenez, je ne voudrais pas être mêlé à quelque chose de trop il Nous y serons bien pour causer. Il vaut mieux que l'on ne vous voie pas trop. Angelo partit s'agenouiller, dans le minuscule confessionnal, suivi du prêtre. Ici, nous sommes dans la maison de Dieu.

Si je ne peux garantir votre enveloppe charnelle, que je sauve au moins votre âme. Angelo était d'avis de sauver les deux. Mais il ne discuta pas.

Humblement, il mit son visage dans ses mains et s'agenouilla. Il se sentait merveilleusement en confiance. Le Père Torrio, dans le compartiment central, ouvrit le petit volet de bois, communia quant à la hauteur de leurs visages.

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Angelo ne se le fit pas dire deux fois. Il raconta par le menu les événements qui l'avaient mené lui, chef-croupier estimé de toute la pègre de Freeport, à ce confessionnal. Le prêtre l'écoutait sans mot dire. Angelo approuva vigoureusement. Vous savez, ce n'est pas dans mes habitudes de moucharder. Mais c'était injuste que l'on me retire la table de Black Jack. C'est une affaire entre vous et votre conscience. Je vais réciter une petite prière pour vous et nous irons au presbytère.

Approchez-vous, pour réciter après moi. Docilement, Angelo appuya son visage aux croisillons de bois. Il distinguait à peine le prêtre dans l'obscurité presque totale qui régnait dans le confessionnal. D'abord, il n'entendit rien. Puis un claquement métallique coupa le silence de la cage de bois. Angelo était tellement loin des basses réalités matérielles qu'il mit bien un dixième de seconde à réaliser que c'était le chien d'un pistolet qu'on armait.

Avec un hurlement, il se rejeta en arrière. La seconde balle lui brisa la mâchoire et le rejeta contre la cloison. Il n'entendit pas l'explosion assourdissante de la troisième qui lui brisa les dents de devant avant de lui pulvériser le cervelet. Le Père Torrio tira encore deux coups qui s'enfoncèrent dans le torse d'Angelo Genna.

Les explosions du 38 résonnaient encore dans la petite église et une âcre odeur flottait dans le confessionnal. Le Père Torrio sortit de son étroite niche et épousseta sa soutane. La joie qui illuminait ses bons gros yeux bleus n'était pas sans mélange. Avec cinq balles dans le corps, personne ne croirait au suicide.

L'imbécile avait bougé trop tôt. Pourtant, le confessionnal; c'était une bonne idée. Pas de risque d'être dérangés et l'autre avait dit tout ce qu'il savait. Il méprisait les silencieux qui empêchent de bien viser et la nouvelle vague qui craignait le bruit.

Son arme rechargée, il l'empocha et se leva. Personne n'avait rien entendu. C'était mieux comme cela. Il roula la soutane en boule et la jeta en guise de suaire sur le corps de l'Italien. Déjà, une large flaque de sang souillait le dallage clair, le long du confessionnal.

Rapidement il fouilla le mort et empocha tous les papiers pour les trier plus tard. Avant de sortir, il prit la clef à l'intérieur, la remit à l'extérieur, ferma la porte à clef et l'empocha. Puis il s'éloigna sur le sentier. Le père Torrio n'existait plus. L'homme qui franchit tranquillement la porte de la petite église s'appelait Jim O'Brien. A cette époque il avait faim et les hosties trempées dans le vin de messe lui avaient donné la force de faire son premier casse. Sifflotant gaiement, Jim O'Brien alla reprendre sa voiture, garée à trois cents mètres de là.

Le Père Torrio, ficelé dans le presbytère avec du sparadrap et étourdi à coups de crosse ne se réveillerait pas avant un bon moment.

Il ne saurait jamais à quel point il avait été près de mourir. O'Brien était l'un des tueurs les plus dangereux du Syndicat bien que ses yeux bleus ne se départissent jamais d'une espèce de candeur glacée. Son bon sourire d'Irlandais ne s'effaçait même pas quand il truffait quelqu'un de plomb. Il avait toujours trois revolvers sur lui, un dans la poche droite de son pantalon, un dans un holster sous l'épaule gauche et un dans la poche gauche de son veston.

Il tirait aussi bien de la main gauche que de la droite. Il tuait posément, sans haine et passion. Sa seule vraie passion, c'était les fleurs.

C'est un peu à cause d'elles qu'il avait accepté ce contrat, en dehors de ses zones habituelles d'action. Aux Bahamas, on trouve quelques variétés très rares d'orchidées. Avant de s'embusquer dans l'église, il avait eu le temps d'aller visiter les jardins d'Adastra, au sud de la ville, réputés pour leurs variétés introuvables d'orchidées. Il s'était penché sur les fleurs, l'âme en paix. La morale usuelle n'avait aucun sens pour lui. Les mauvais, il les tuait.

Il était naturellement doué pour le meurtre comme d'autres le sont pour le dessin ou le tennis.

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Son indifférence paisible à la souffrance, la sienne ou celle des autres, son agressivité naturelle et son incroyable adresse au pistolet, en faisait un des tueurs les plus dangereux qui soient. Après être remonté dans sa Ford de location il exécuta un prudent demi-tour pour rattraper Blue Hill Road et partit sans se retourner. Une demi-heure plus tard, il atteignait l'aéroport de Windsor Field. Il rendit sa voiture et pénétra dans le petit bâtiment de l'aéroport.

Il avait déjà sa réservation sur le vol de la Panam à destination de Miami. Il regarda sa montre. Encore dix minutes avant le premier appel. Dans quelques minutes, ils allaient se poser à Providence Island, une des plus petites parmi les trois mille îles et îlots de l'archipel des Bahamas; la grande Bahamas où Bernon Mitchell avait disparu était beaucoup plus au nord, à cent milles.

Mais la piste débutait à Nassau, capitale de Providence Island, envahie tous les jours par des meutes de touristes de Miami, une île plate presque sans végétation et sans animaux, balayée régulièrement par les tornades.

A côté de Malko, un type en chemise écossaise grommela: — Ça doit être encore plein de sauvages, là-bas. On ne va pas pouvoir boire l'eau du robinet Pour beaucoup d'Américains, les frontières de la sauvagerie commençaient à la limite du Middle West. Le Boeing glissa encore et quelques secondes plus tard ses roues touchèrent le sol de Windsor Field, au centre de l'île.

Malko connaissait pas mal de pays tropicaux. Mais Providence Island au mois de juillet, c'était assez exceptionnel Le temps d'arriver aux bâtiments en bois de l'aérogare, il avait l'impression d'avoir perdu dix kilos. Il n'y avait pas un souffle d'air. A l'intérieur, c'était encore pire. Trois files interminables d'arrivants étaient filtrées par des Noirs pointilleux et lents qui interrogeaient les passagers avec l'accent traînant des Caraïbes. Il n'en savait rien. Mais sur le mur, il y avait une affiche en couleur vantant l'Emerald Beach.

Les couleurs étaient superbes. Le Noir nota scrupuleusement l'adresse sur une feuille et rendit à Malko son passeport. Il hésitait dans le hall quand un grand Européen blond s'approcha de lui. Vous êtes Décidément ses yeux dorés ne passaient pas inaperçus. Il tiqua sur l'énorme gourmette en or au poignet droit et sur les grands yeux bleus innocents. Trop innocents. Comme le visage d'un boyscout. Un peu trop net. Quant à la poignée de main, on avait l'impression de mettre les doigts dans un étau.

Jack Harvey était vêtu d'une chemisette à manches courtes et d'un pantalon sans forme. A côté de l'impeccable costume d'alpaga de Malko, il faisait plutôt minable. En trois minutes, il eut récupéré la valise de S. Les bâtiments étaient sales et mal entretenus en dépit de la profusion d'affiches multicolores vantant les charmes de l'île. Malko suivit Jack Harvey à travers la foule bigarrée des porteurs noirs et des touristes affolés.

Parfait comme couverture On voyait bien que les Caraïbes étaient une zone secondaire pour la C. Malko hésita sur le trottoir, mais débarquer en plombier à l'Emerald Beach, c'était vraiment trop. Ses ancêtres se retourneraient dans leur tombe.

Tant pis s'il vexait Harvey. Peut-être vaut-il mieux que je loue une voiture. Nous nous retrouverons en ville. Jack Harvey haussa les épaules avec philosophie, ressortit la valise et la tendit à Malko, un peu goguenard. Je suis fauché en ce moment Au diable l'avarice. Malko tira deux billets de vingt dollars et les lui tendit. L'autre les empocha si vite qu'il ne vit même pas dans quelle poche il les avait mis.

Vous trouverez facilement C'est un petit restaurant dans Parliament Street. A huit heures. Il remonta dans la camionnette, un nuage de fumée noire jaillit de l'échappement et il s'éloigna.

Malko regarda sa montre: quatre heures. Hélas, ici, elles étaient remplacées par un grand métis un peu trop poli. Le prix d'une Cadillac air conditionné à New York. L'exotisme se paie. Malko signa les papiers et se laissa conduire jusqu'au véhicule. Il eut le second choc de la journée.

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Effectivement, c'était une Triumph. Ou plutôt les débris d'une Triumph, bleu marine décapotable, sale et cabossée. Malko avait soulevé le couvercle du coffre retenu par un gros élastique.

Le métis hocha la tête, accablé. On les volait toutes. Si vous crevez, vous téléphonez, on vient vous dépanner. C'est en roulant sur la petite route goudronnée qui faisait le tour de l'Ile, bordée de frangipaniers et de géraniums géants, que Malko réalisa que les seuls téléphones se trouvaient en ville. D'ailleurs, la roue, ce n'était rien. Sa portière s'ouvrait toute seule environ toutes les cinq minutes. A l'embranchement de Windsor Road et d'Interfield Road, il évita un énorme autobus rouge d'une dizaine de centimètres.

L'atavisme de Malko l'empêcha de jurer. On roulait à gauche comme en Angleterre. A chaque courbe, il y avait la carcasse rouillée d'une voiture dans le fossé. Seules, les mauvaises langues soutenaient que l'obligation de rouler à gauche était maintenue par les marchands de voitures de l'île. Le hall de l'Emerald Beach était rose comme une bonbonnière.

Quelques-unes des vieilles filles en faction dans le hall dévisagèrent Malko d'un air sévère. Avec son physique, il ne pouvait être qu'un suppôt du vice. L'hôtel était à cinq milles de Nassau, en plein sur la plage. Pour quatre-vingt dollars par jour, Malko obtint une chambre sur la mer au second étage. Le portier lui jura qu'on pouvait se baigner tranquillement, seuls les tout petits requins osant s'approcher du rivage. A part cela, l'eau chaude était coupée jusqu'à nouvel ordre, et, en raison des élections, on pouvait s'attendre à de brusques pannes de courant.

Avec sa clef, on lui remit une chandelle. La chambre était spartiate avec des meubles en bois peint et la salle de bains suintait comme une grotte. Malgré l'air conditionné, l'atmosphère était presque irrespirable. Tout le long de la route, serpentant le long de la côte; Malko avait remarqué des poteaux téléphoniques abattus, souvenirs des cyclones précédents. Ça promettait!

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II pensa aux milliers de gens qui rêvaient des Caraïbes. Tristes tropiques Avec amour, il disposa la grande photo panoramique de son château sur le bureau de bambou peint en vert, et s'accouda au balcon: la plage était encore pleine de monde. Il repéra avec plaisir plusieurs bikinis de couleurs vives très bien remplis. Du coup, il enfila son propre maillot et descendit par l'ascenseur réservé aux baigneurs. Toujours la pudeur anglo-saxonne.

Cette mission ne faisait pas sérieux. A force de combiner des coups louches, les gens de la C. Le pauvre mathématicien avait dû tout bonnement se noyer. Quant à Harvey, il tentait une petite escroquerie au détriment de la C. Il imaginait mal des espions russes embusqués derrière les cocotiers. Quelques minutes plus tard, il enfonçait ses pieds avec délice dans le sable blanc. L'eau était presque bouillante.

Dédaignant les matelas, Malko s'étendit sur le sable. Il découvrit presque aussitôt que, si l'île comptait peu d'animaux, elle était riche en insectes. Attaqué de toutes parts par les sandflies, les mouches de sable, il battit en retraite, se grattant furieusement. Son corps était couvert de petites boules rouges. Dégoûté, il rentra prendre une douche. Il était dix heures moins le quart. Dans dix minutes, on allait les plier sur les tables, avec les chaises.

Le patron du restaurant était un retraité anglais, ponctuel comme un coucou: si à dix heures, les clients n'avaient pas terminé, ils finissaient sur le trottoir. Harvey se tortilla, nerveux.

Je suis sûr que ce n'était pas du bidon. Harvey jouait avec sa gourmette. La Chevrolet était garée dans la rue en pente. Comme il faisait nuit, Malko accepta d'y monter. C'était plus simple que d'utiliser deux voitures.

Et la Triumph était encore plus pourrie. Après son bain, Malko avait été se promener un peu, pour prendre l'ambiance du pays. Nassau était une étrange petite ville de poupée, très province anglaise, avec des maisons de bois, une demi-douzaine de rues et une multitude d'hôtels.

Par-ci, par-là, on apercevait derrière une grille un somptueux gazon vert entourant une grande maison coloniale. Et les golfs. Il y en avait partout sur la route venant de l'aéroport. Tous plus soignés les uns que les autres. Apparemment, la mer était un luxe inutile. D'ailleurs, en dehors de l'Emerald Beach, il n'y avait pratiquement pas de plages. Malko était sorti de Nassau par l'est. La ville européenne, minuscule, se terminait très vite, ou plutôt se transformait en une sorte de bidonville tropical surnommé Over the Hill en raison de la colline qu'il recouvrait.

Tout le reste de l'île était ainsi parsemé de pauvres maisons et de luxueux cottages, isolés dans une végétation maigrichonne. De toute façon, les touristes ne voyaient que Rawson Square, au centre de la ville, une gentille place vieillotte où des indigènes vendaient des monceaux de paniers et de chapeaux en paille multicolore.

Les gens sérieux allaient directement dans les banques discrètes : à peu près une par habitant. Il n'y a pas d'impôts aux Bahamas. Aucun impôt. Malko commençait à comprendre pourquoi la pègre s'était ruée sur l'île. Mais là où ils allaient, il n'y avait pas de banque. A un croisement, Harvey eut un conciliabule mystérieux avec une Noire en mini-jupe qui lui expliqua quelque chose avec de grands gestes.

Malko préféra ignorer quel lien il y avait entre eux. Ils serpentèrent dans les rues de plus en plus étroites pour aboutir, dans un sentier de terre. Les élégantes maisons de bois de Bay Street avaient fait place à des cabanes éclairées au pétrole. Harvey arrêta la voiture. En dépit de l'heure tardive, de grosses femmes noires les regardaient avec curiosité du haut des balcons en bois de maisons coloniales décrépites.

Harvey frappa à la porte d'une maison à l'écart. Quand elle s'ouvrit, Malko eut peur de voir la baraque s'effondrer. Il s'avança à son tour sur la véranda vermoulue. Une petite Noire d'une dizaine d'années avec de gros yeux marron les regardaient sans mot dire, dans l'entrebâillement.

Harvey retrouva son sourire honnête: — Angelo Genna est là? La pièce était éclairée par une lampe à pétrole. Sur la table, il y avait un pélican empaillé et mangé aux mites. Et dans le fond, un vieux à tête de lézard.

Il ne cilla pas quand Harvey s'approcha de lui et répéta sa question. Il referma les yeux, ressemblant de plus en plus à un lézard fatigué. Jack Harvey fit craquer les articulations de ses doigts énormes. Il mourait d'envie de secouer un tout petit peu le vieux. Mais il se souvint à temps qu'il était un gentleman. Aussi tira-t-il un dollar bahamien de sa poche pour le promener sous le nez du vieux. Dans ce coin où les gens vous tuaient pour un paquet de cigarettes, cela fit l'effet d'un révulsif.

Le Père Torrio. A Adélaïde. Malko regarda Harvey. Harvey tourna les talons, laissant le billet sur la table.

Dès qu'ils furent dehors, la gosse l'apporta au vieux qui l'enfouit dans ses hardes. Malko ne voyait encore rien d'inquiétant dans tout cela. Ils continuèrent à travers le bidonville tropical.

On se serait cru à cent milles de Nassau et pourtant, à travers les arbres, on apercevait le pont en construction de Paradise Island, îlot en face de Nassau, réservé aux milliardaires. A l'arrière de la Chevrolet, l'attirail d'Harvey faisait un boucan effroyable. Plusieurs fois, ils ratèrent d'un cheveu des Noirs marchant le long de la route. Ils dévalaient la colline comme des fous. Harvey conduisait en silence, un pli sur son beau front. Il freina un peu pour s'engager dans Johnson Road.

Dix minutes plus tard, la camionnette stoppait au bout d'un sentier à l'écart de la route, presque en pleins champs. Malko descendit le premier et distingua dans l'obscurité une construction blanche. Ils étaient assez loin d'Over the Hill et à un mille, sur leur gauche, on distinguait les lumières d'Adélaïde, le village noir sur la route de Coral Harbour. L'air embaumait et des myriades d'insectes créaient un fond sonore presque fantasmagorique.

II s'approcha de la porte et tenta de l'ouvrir. Fermée à clef. Il colla son oreille au panneau de bois, puis fit rapidement le tour du bâtiment.

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Il n'y avait aucune ouverture. L'église est toujours fermée. C'est plein de voyous dans le coin. Le presbytère était un petit bâtiment blanc, assez misérable, éteint lui aussi. Jack Harvey frappa à la porte. Pas de réponse. Il essaya d'ouvrir. Fermé à clef. Les deux hommes se regardèrent. Malko commençait à éprouver une sensation bizarre. Comme s'ils n'étaient pas seuls.

Brusquement, la nuit tropicale n'était plus aussi rassurante. Sans mot dire, Jack Harvey retourna à l'église, Malko sur ses talons. Il regarda autour de lui, puis appuya sa robuste épaule contre la porte et poussa. La porte s'ouvrit brutalement, la serrure craqua sinistrement. Les deux hommes pénétrèrent dans la nef et s'arrêtèrent immédiatement dans le noir.

Malko entendit le chien du Colt se relever. Ou on avait oublié un cercueil, ou il y avait un cadavre. La senteur douceâtre de la mort se mariait parfaitement avec l'encens. Jack Harvey ressortit après avoir écouté un instant et reparut avec une torche électrique.

Le rayon éclaira l'église vide, le petit autel et le confessionnal. Les deux jambes qui en sortaient évitaient de se poser des questions. Malko souleva le rideau. Le corps était recroquevillé grotesquement, en partie dissimulé par la soutane jetée sur lui. Bien qu'il ait été défiguré, Harvey le reconnut parfaitement. On l'a bien arrangé Avec l'assurance d'une vieille bigote, il inspecta l'autel sans rien trouver. Puis il revint au corps et le fouilla.

Rien, à part quelques pièces de monnaie. Malko commençait à se trouver sacrément concerné. On ne tue pas quelqu'un dans une église sans un motif valable.

Ils venaient d'avoir la même idée. Une minute plus tard, la robuste épaule d'Harvey enfonçait la porte du presbytère. Cette fois, ils n'eurent pas à chercher loin. Le corps d'un homme en chemise et en caleçon était étalé face contre terre. Les mains étaient ligotées derrière le dos avec du fil électrique ainsi que les chevilles.

Du sang avait coulé d'une vilaine blessure à la tête, formant une petite flaque sur le carrelage où des mouches s'étaient engluées.

Malko s'accroupit et retourna doucement le corps. Une large bande de sparadrap gris barrait la bouche. L'homme avait les yeux fermés et les narines pincées. Il avait collé son oreille contre la poitrine du prêtre. Pas question de le leur amener. Trop de complications. A regret, Malko se rallia à son idée.

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Il aurait préféré emmener le prêtre à l'hôpital le plus proche. Dès qu'ils furent dans la camionnette, Jack Harvey dit: — Ce n'est pas un type de l'île qui a fait ça. Je les connais tous. Ils n'en sont pas capables. Sur contrat II est loin. Ça a dû se passer cet après-midi.

Comme on ne voit Torrio que le dimanche personne ne s'est inquiété. Il stoppa au carrefour de Soldier Road et de Ferguson Boulevard. Il y avait une cabine téléphonique. Nelson Berry traversa sans se presser le marché aux oiseaux où les commerçants étaient en train de rentrer leurs cages. Le Sud-Africain ne voyait même pas les oiseaux, entièrement concentré sur sa rage froide. Lui seul pouvait lui indiquer dans quelle voiture Hamid Karzai avait pris place.

Tout en progressant silencieusement dans la rue étroite au sol boueux, Nelson Berry regardait autour de lui : rien de suspect, des marchands ambulants, des échoppes avec des lampes à acétylène, quelques femmes en burka faisant des courses, des hommes qui rentraient chez eux du travail à pied.

Donc, il devait disparaître impérativement… Bien sûr, en allant chez lui, il prenait un risque, mais un risque limité. Ici, on rafalait une famille avec femmes et enfants pour 10 afghanis. Sans penser aux conséquences.

Personne devant, les passants ordinaires, aucun suspect en planque. Le Sud-Africain prit quand même soin, de passer devant la maison, continuant un peu plus haut, pour revenir sur ses pas. La nuit était tombée et personne ne prêtait attention à lui. Une fois, deux fois, trois fois. Un bon vieux khali 1 répandait une chaleur agréable et un tapis de laine de chèvre couvrait le sol de la première pièce.

Il ignorait combien de temps il aurait à attendre, mais était prêt à y passer la nuit. Engourdi par la chaleur, Nelson Berry ne voyait pas passer le temps. Il sursauta en entendant grincer la porte. Sangi Guruk était défait, ses gros yeux partaient dans tous les sens. Déjà, Sangi Guruk se précipitait pour sortir de sous un lit une boîte multicolore peinte à la main dans laquelle il gardait ses biens les plus précieux.

Nelson Berry hocha la tête. Sangi Guruk se balançait toujours au milieu de la pièce. Tu veux du thé? Nelson Berry tourna la tête vers le rideau qui séparait la pièce de la cuisine. Ebooks Gratuits Deux femmes étaient en train de bavarder en pachtoun, derrière leur burka.

Le plus âgé devait avoir huit ans. Un garçon aux grands yeux sombres. Nelson Berry tendit le bras et, posément, tira une balle dans chacune des burkas.

Les deux autres enfants regardaient, médusés. Nelson Berry recula et laissa retomber le rideau. Nelson Berry ressortit comme il était venu et partit à grandes enjambées retrouver sa voiture, garée un kilomètre plus bas, dans un terrain vague qui servait de parking sauvage.

Sa voiture était toujours là. Le lendemain matin, il quittait Kaboul pour sécuriser une importante livraison de drogue dans le Logar. Protégé par un gros trafiquant pakistanais lié au clan Karzai. De ce côté-là, il était tranquille. Il ne restait plus que les deux millions de dollars définitivement envolés. Poêle traditionnel à bois. À ceux qui accusaient les Talibans, il avait répliqué : — Ce ne sont pas eux, je le sens! Ce qui signifiait une sérieuse escalade dans leur différent.

Lorsque nous nous sommes présentés chez lui, il était déjà parti avec son chauffeur, un Afghan nommé Darius. Tous les gens présents ont été interpellés et sont en ce moment en interrogatoire. Avez-vous mis la main sur ce Malko Linge?

Nous avons un dispositif en place. Confronter ces deux hommes. Je veux des résultats. Il repartit à reculons, fuyant la colère du président. Une commande qui pouvait venir de Malko Linge. Les check-points aux sorties de la ville avaient aussi été alertés, avec les mêmes menaces. Et puis, un étranger pouvait difficilement prendre la route. Il tenait dans ses bras un long manteau marron et un turban.

Il était près de neuf heures du soir et le maulana Mousa Kotak était reparti chez lui. À peine arrivé, le jeune homme se dirigea vers Malko. Son anglais était rocailleux, mais très compréhensible.

Que dois-je faire? Malko abandonna son manteau pour enfiler sa nouvelle tenue. Ce qui le transformait en Afghan moyen. Malko fut agréablement surpris par la sensation de chaleur. Un gros poêle traditionnel tournait à plein. Il se débarrassa de ses vêtements et regarda autour de lui. Un escalier de bois menait au premier étage. Une femme viendra faire la cuisine.

Ne bougez pas, ne sortez pas, et surtout, ne téléphonez pas!

Gerard De Villiers – SAS T003 Operation Apocalypse 1965

Ils ont le moyen de localiser un portable. Ils connaissent sûrement le vôtre. Je reviendrai demain. Avez-vous besoin de quelque chose? Il y avait tout, sauf un rasoir : évidemment, les Talibans ne se rasaient pas… Le poids à sa cheville droite lui rappelait que tout ce qui lui restait comme équipement de survie était le pistolet russe donné par Nelson Berry niché dans le anckle-holster G. Un ange passa. Étant donné les tensions entre le président afghan et les Américains, il était indispensable de désamorcer cette bombe.

Comme pourra le lui préciser son ami Mark Spider.